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Historique

Notre territoire se situe dans le triangle formé par le Richelieu, le lac Champlain et le fleuve Saint-Laurent. Recouvert d’une calotte de glace pouvant atteindre une épaisseur de 4 kilomètres lors de la dernière glaciation, il ne sera complètement dégagé de sa couverture hyperboréenne qu’il y a environ 10 mille ans.

Toute cette fonte a laissé en place une vaste étendue d’eau que les scientifiques ont appelée mer de Champlain et qui a recouvert notre domaine durant de longs millénaires. Il est à noter que la colline de Covey, située à l’ouest, était l’une des plages de cette mer et marquait sa limite sud.

Tous ces chambardements ont puissamment travaillé nos parages, semant des rochers de diverses tailles dans les champs, disposant en vrac marécages, tourbières et autres milieux humides et influençant la qualité des sols.

Puis, la mer s’est à son tour progressivement retirée et a laissé une contrée sensiblement pareille à celle de nos jours, l’occupation humaine en moins.

Cette occupation humaine permanente fut d'ailleurs relativement tardive et ne date guère que de la deuxième moitié du 18e siècle.

Pendant fort longtemps, les environs n'auront servi que de lieu de passage aux diverses tribus amérindiennes. Le Richelieu, notamment, offrait un lien utile entre ce qui est maintenant l’État de New York et le Vermont aux États-Unis et notre district.

Par ailleurs, notre rang Saint-André actuel chevauche une élévation naturelle du terrain qui lui permet d’être sec en presque toute saison. Les indigènes l’ont fort pratiqué comme voie de terre entre les lieux qui deviendront la ville de New York et ceux qui deviendront Montréal. Ce fut longtemps une artère commerciale très importante.

Malgré ces atouts, les parages ne furent que traversés et guère occupés.

La situation ne changea pas avec l’arrivée des Français car les voies commerciales se sont alors muées en voies d'invasions militaires pour les Iroquois et leurs alliés anglais et hollandais.

Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry
(1682-1756)

D’ailleurs, la terre n’a été concédée en seigneurie que le 6 avril 1733. Le premier seigneur en sera Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (Toulon, France, 3 octobre 1682 -- Québec, 23 mars 1756), illustre ingénieur militaire de la Nouvelle-France qui a notamment conçu la citadelle de Québec.

La seigneurie toute entière demeurera à peu près inhabitée jusqu’après la conquête anglaise de 1760. À ce moment, elle sera acquise par le général Gabriel Christie, intendant-général des troupes britanniques en Amérique du Nord.

Chargé de l’approvisionnement de toute l’armée, Christie connaît notamment les immenses besoins en bois de la marine. Il achète donc à rabais plusieurs seigneuries qui, comme celle de Léry, ne sont pas développées et sont encore couvertes de forêts. Il deviendra ainsi, à la fin du 18e siècle, le plus grand propriétaire terrien de tout le Québec.

Gabriel Christie
(1722–1799

Placé, de par ses fonctions, dans la position à la fois de vendeur et d’acheteur de bois, il assure à ses seigneuries des revenus très confortables à même les deniers de la couronne britannique.

Décidé à exploiter ses terres de manière systématique, il les fait arpenter avant de les concéder à nombre de censitaires.

À son décès, ses seigneuries passent à son fils légitime Napier Christie Burton puis, à la mort de celui-ci, à son bâtard William Plenderleath Christie.

Napier Christie n’habitera jamais la région, mais il laisse son nom à Napierville. Quant à Plenderleath Christie, il fera construire ce que l’on connaît comme le manoir Christie à Iberville (qui s’appelait Christieville à l’époque).

Plenderleath Christie est surtout connu à cause de ses efforts pour protestantiser et angliciser les Canadiens-français implantés dans ses seigneuries. À cet effet, il a fait venir les pasteurs calvinistes suisses Henriette Feller et Louis Roussy puis les a installés à la Grande Ligne de Saint-Blaise.

Dans Saint-Cyprien, ses manoeuvres ont eu un certain succès comme l’attestent quelques tombes du cimetière protestant du coin Douglass, tombes dont les pierres funéraires portent des noms français, mais des inscriptions en anglais.

Malgré ces quelques succès, le seigneur Plenderleath Christie a surtout suscité le mécontentement de ses censitaires et les historiens ont noté que ce sont ses seigneuries qui ont fourni les plus gros contingents de Patriotes lors des Rébellions de 1837 et surtout 1838.

Ce mouvement patriote a constitué un formidable soulèvement populaire contre les exactions des occupants britanniques, contre leur corruption généralisée et contre les atteintes constantes à la démocratie.

À l’automne 1838, nos citoyens se sont joints à d’autres pour proclamer sur la place publique de Napierville la République du Bas-Canada.

La répression fut féroce et Colborne, le chef des troupes britanniques, s’est livré ici à de véritables crimes de guerre, s’en prenant à des populations civiles sans défense, faisant brûler une grande partie des demeures de Saint-Cyprien et de Napierville avant de faire pendre ou d’exiler en Australie d’honnêtes citoyens forcés de comparaître devant une cour martiale dans une langue qu’ils ne connaissaient pas.

Mais, avant ces événements tragiques, la vie civile avait entrepris de s’organiser. La population était très majoritairement composée de Canadiens-français catholiques. Elle relevait de la paroisse voisine de Sainte-Marguerite-de-Blairfindie (L’Acadie), ce qui lui imposait de longs et pénibles déplacements pour se rendre à l’église afin de participer aux différents offices du culte.

En 1823, après de longues séries de démarches, les citoyens obtiennent l’érection d’une paroisse qui leur soit propre. Elle est placée sous la protection de Saint-Cyprien, évêque de Carthage né en l’an 200 et mort décapité en 258 sur ordre de l’empereur romain Valérien. La paroisse s’appelle alors Saint-Cyprien-de-Léry et englobe les deux territoires de Saint-Cyprien et de Napierville en une seule entité.

Quant au régime municipal actuel, il n’apparaît qu’en 1845. Le 14 juillet de la même année, une assemblée publique désigne le premier conseil municipal de la paroisse (Saint-Cyprien et Napierville). Les nouveaux édiles sont Loop Odell, maire, et les conseillers Jean-Baptiste Dozois, Edward Wheeler Douglass, Joseph Grégoire, Pierre Hébert, Pierre et Julien Rémillard.

En 1847, ce régime municipal est aboli par les forces d’occupation, mais rétabli en 1855 devant l’ampleur des protestations publiques. Pour éviter tout risque de confusion avec une autre entité, le village prend alors le nom de municipalité de la paroisse de Saint-Cyprien. Le premier maire de la municipalité rétablie sera Julien Grégoire, maire de 1855 à 1858. Mais dès cette époque, la nouvelle localité ne comprend plus le noyau villageois : Napierville a fait sécession et a réussi à se faire constituer en municipalité distincte.

Cette première aventure ne dure pas deux ans et les citoyens de Napierville regrettent rapidement leur geste. Dès le 1er janvier 1857, ils obtiennent la fusion des deux villages. Mais même cette initiative ne dure guère et, le 1er janvier 1873, les deux villages sont à nouveau scindés. La raison cette fois est claire : d’importants besoins se font sentir en infrastructures municipales de toutes sortes et les contribuables de Napierville ne veulent pas participer de leurs deniers à l’équipement des rangs de Saint-Cyprien. Cette fois, la scission sera définitive.

À compter de 1920, nos élus prennent l’habitude de désigner le village sous le nom de municipalité de la paroisse de Saint-Cyprien-de-Léry, nom qui sera changé, en 1987, pour celui de municipalité de la paroisse de Saint-Cyprien-de-Napierville et encore en 2008 pour celui de municipalité de Saint-Cyprien-de-Napierville.

Texte préparé par M. Pierre Couture - Citoyen de Saint-Cyprien-de-Napierville 

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